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Le peigne-rose

Frédéric Léal


Le peigne-rose
Récit géronto-ornithologique
paru en mars 2007
20 x 23,5 cm, 60 pages
isbn : 978-2-914688-57-4
prix public : 8,50 €
poids : 149 g
Aperçu du livre

Présentation :

Avertissement, ce livre peut provoquer certains troubles de la vision. Et pour cause, ce court récit est le plus hallucinant porté à la lecture depuis le début du millénium. Où les tribulations de notre cher docteur Léal (ou pas) en visite de remplacement téléguidée dans une maison de retraite sur la côte Atlantique. Une auto-gestion de la fiction s’installe sur fond légèrement politisé et l’auteur nous prouve une fois de plus que la réalité ose dépasser l’imagination. A lire de toute urgence.
Le peigne-rose est le cinquième livre de Frédéric Léal publié aux éditions de l’Attente.

 

Extrait :

Chère Marie,

J’espère que la reprise ne sera pas trop dure…
Voici les transmissions. La semaine a été somme toute tranquille. Les seuls qui m’ont vraiment posé problème, devine qui c’est ? Gagné! Dès 8 heures, lundi, coup de fil des pompiers. Ils ont envoyé un VSAB à la demande de la mère. Obligé de m’y rendre... Gérard avait vomi partout et il cuvait tranquillement. Voilà pour l’urgence. Mais Mathilde voulait qu’on l’emmène (« j’ai peur pour mon petit » etc.). Aussi alcoolisée que lui. L’après-midi il est sorti des urgences contre avis médical. Et aussitôt: rebelote. Ils ont passé la semaine à me harceler. Le samu me passait systématiquement les appels. J’ai demandé à l’assistante sociale de faire un effort et de passer les voir, parce qu’aucun des quatre n’a ses papiers à jour, mais refus –  on peut la comprendre. « Je ne suis pas une fille de joie ». Ou alors elle y va accompagnée par les flics, qui eux aussi font une indigestion… C’est triste mais on est obligé de rire quand on y repense. Quelle énergie dépensée pour rien !

Sinon deux trois choses. J’ai fait hospitaliser monsieur Gardère pour une suspicion de syndrome de menace qui n’était qu’un angor un peu instable. Ça lui a permis d’avoir son bilan complet. Normalement il sort demain.

 

Presse :

Après Le Peigne-Jaune (publié dans If) et Le Peigne-Noir (déjà aux éditions de l'Attente), Frédéric Léal fonce maintenant dans le rose
et livre un texte d'une incroyable euphorie plastique. Le Peigne-Rose, c'est d'abord une petite histoire : un vague infirmier visite une
dame qui lui confie voir chaque fin de journée des flamants roses. Ce motif, ravissant et drôle, permet à Frédéric Léal de lâcher une miniscule expérience romanesque où l'empagement est le principal conteur. Le travail d'impression typographique des phrases (impressionnant) crée l'effet de bulles d'air qui se posent les unes sur les autres, en soulevant, comme à la verticale de la page, une architecture fluide et écheveulée. Mais le sommet de ce beau livre c'est sa page 10 où l'on est dans un vrai plan de cinéma. Deux mots suffisent : « calendrier »,  « souvenir » et là, « une vie », comme dirait le dernier Deleuze, se laisse totalement percevoir. (Stéphanie Eligert, CCP n°15)