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Décor Daguerre
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Décor Daguerre

Anne Savelli


Décor Daguerre
Autobiographie d’un décor parisien
paru en mars 2017
15,5 x 21 cm, 288 pages
isbn : 978-2-36242-062-7
prix public : 21 €

Présentation :

Suivre une femme qui crée et se déplace, explorer la notion de décor, de mouvement et d’immobilité... Ce livre n’est ni un journal, ni un essai sur un film ou un souvenir d’enfance. Découpé en 75 parties, il a subi l’influence des arbres et des rues. Parfois il marche droit, comme à longer la rue Daguerre sans faire le tour des boutiques. Parfois il bifurque, saute de branche en branche. Le documentaire Daguerréotypes d’Agnès Varda, sa carrière, les films de Jacques Demy, le Paris des années 70 et celui d’aujourd’hui, constituent les arrière-plans de cette réflexion poétique.

 

Extrait :

Quelle idée de prendre pour décor une boutique, pièce fermée dont on ne peut sortir sous peine de rater le client (collectionner dès à présent les petits mots de fermeture, excuses, retards, numéros de portable laissés en cas d’urgence sur la porte d’entrée), la vitre faisant mur mieux que le mur lui-même, vitre derrière laquelle l’homme ou la femme du magasin sont comme vissés dans le cadre et un jour peut-être leur donnera-t-on le droit de se rendre dans l’arrière-boutique, dans l’arrière-cour, à l’arrière-plan
de se cacher sous le comptoir
d’ouvrir une trappe
de révolutionner les rayons
vitre tu vois qui commence à m’empêcher de faire des phrases correctes, j’en perds le souffle et la respiration
j’ai besoin du retour à la ligne, du saut, de l’ellipse, que se passe-t-il ?
(ce serait une peur soudaine d’écrire en cage ? un travail sur l’enfermement ?)

Que se passe-t-il en attendant de devenir plus transparent encore que la vitre, la berner, la tromper et passer au travers ? À se croire commerçant, ou du moins immobile, à regarder autour dans cette boutique-boîte du numéro 3 de la rue (qu’on invente, qui n’est peut-être que le carnet lui-même mais dont semblerait-il les parois se rapprochent dès que survient cette impossibilité de sortir), quelques questions, d’entrée de jeu, se posent.